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Consent mode v2 : ce qui casse et comment le reconnaître

Journal · Tracking et mesure

Le consent mode v2 transmet à Google quatre signaux par visiteur : ad_storage, analytics_storage, puis ad_user_data et ad_personalization, ajoutés par le v2. Google les demande pour le trafic de l'Espace économique européen. Si un signal manque, les conversions peuvent reculer alors que les ventes n'ont pas bougé.

Publié le · Melanie Vögtli

Le consent mode v2 (mode consentement v2 en français), je le vérifie sur chaque compte que je reprends. Le plus souvent, j’y trouve un dispositif posé à moitié, ou changé en route sans que personne ne le signale au compte publicitaire. Le compte continue de tourner et les rapports de sortir, alors qu’une partie des ventes n’y apparaît plus.

J’ai déjà expliqué pourquoi un bandeau cookies mal réglé fait perdre des conversions. Le cadre général du suivi, je le détaille sur ma page tracking Google Ads. Ici, je regarde ce que le v2 transmet et où il casse. Surtout, j’explique comment je distingue une panne de consentement d’une autre panne, parce que dans un rapport les deux se ressemblent beaucoup.

Pour chaque visiteur, le site envoie à Google l’état de quatre signaux de consentement. Deux existaient avant le v2 : ad_storage, qui autorise les cookies publicitaires, et analytics_storage, qui autorise ceux de la mesure d’audience. Le v2 en ajoute deux, propres à la publicité. Le signal ad_user_data autorise l’envoi à Google de données sur l’utilisateur à des fins publicitaires, et ad_personalization autorise la publicité personnalisée, donc le remarketing.

Google demande ces signaux pour le trafic de l’Espace économique européen, comme l’indique l’aide Google Ads sur le consentement dans l’EEE. Sans eux, la personnalisation, le remarketing et une partie des fonctions de mesure ne sont plus disponibles pour ces visiteurs.

Mode de base ou mode avancé : ce qui part quand le visiteur refuse

Il faut aussi choisir entre deux modes, que la documentation Google décrit en détail. En mode de base, souvent appelé mode basique, les balises Google restent bloquées tant que le visiteur n’a pas accepté, et rien ne part, pas même son refus. Google ne peut alors appliquer qu’un modèle général pour estimer ce qui manque. En mode avancé, les balises se chargent avec un refus par défaut et envoient des mesures sans cookie quand le visiteur refuse. C’est ce qui permet une modélisation plus fine, calculée à partir des données du site de l’annonceur.

Du coup, je recommande le mode avancé, avec une règle en tête : une conversion modélisée pèse autant qu’une conversion observée pour la stratégie d’enchères, mais elle reste une estimation. Je ne la présente jamais à un client comme une vente. Les ventes, elles, je les fais remonter dans le compte avec leur statut réel.

Où ça casse dans les comptes que je vois

Le bandeau change parfois en silence. En juillet et août 2026, sur deux comptes, j’ai découvert en contrôlant le site que l’outil de bandeau avait été remplacé, et aucun intervenant ne me l’avait signalé. Sur l’un des deux, j’avais mesuré le taux d’acceptation fin 2024. Avec un autre bandeau, ce relevé ne dit plus rien tant que je ne l’ai pas refait.

Les signaux sont parfois posés à moitié. Sur une boutique en ligne contrôlée début août 2026, les quatre signaux passaient bien à « refusé » avant le choix du visiteur, puis se mettaient à jour après. Par contre, pour trois des quatre, ce refus par défaut était implicite : le site ne le déclarait pas lui-même. Ça fonctionne tant que rien ne bouge, et c’est le genre de réglage qui peut sauter au prochain changement de bandeau.

Panne de consentement ou autre panne : la signature

Une panne de consentement devrait faire baisser ensemble toutes les actions de conversion web, dans la colonne « Conversions » comme dans « Toutes les conversions ». Le visiteur qui refuse n’est plus mesuré avec cookie sur aucune balise publicitaire : ni l’ajout au panier, ni l’achat, ni le formulaire. Les appels lancés directement depuis l’annonce ne passent pas par le site : normalement, ils ne bougent pas.

C’est cette signature qui m’évite de chercher au mauvais endroit, et un cas récent l’a bien montré.

Sur un compte de loisirs, la colonne « Conversions » est restée à zéro pendant quatre semaines, du 23 février au 22 mars 2026, pour 3 709 clics. Un changement de bandeau était en cours, et c’était le suspect idéal. Sauf que sur la même période, la colonne « Toutes les conversions » enregistrait 13 achats et 18 appels issus des annonces. Les balises remontaient, et le bandeau n’expliquait pas ce zéro : ces conversions n’étaient simplement pas comptées dans la colonne qui pilote les enchères. La panne venait d’un réglage de comptage, et elle se lit dans la liste des actions de conversion, le même endroit où l’on repère une conversion comptée deux fois.

À l’inverse, quand tout baisse d’un coup, dans la même proportion et dans les deux colonnes, à une date qui coïncide avec une intervention sur le site, le consentement devient la première piste à vérifier. Quand une seule action décroche pendant que les autres continuent, je regarde d’abord du côté de la balise ou de la page de confirmation.

J’ouvre la page publiée, jamais le code source seul. Sur un site vérifié début septembre 2026, le bandeau était injecté par Google Tag Manager : invisible dans le HTML de la page, parfaitement présent dans le navigateur. Quelqu’un qui cherche le bandeau dans le code source conclut qu’il n’y en a pas, et se trompe.

Je lis les quatre signaux avant et après le clic. Pour chacun, je regarde s’il a une valeur par défaut déclarée par le site, puis si la mise à jour part bien. J’accepte une fois, je refuse une fois, et je vérifie que le refus est transmis. Les outils de développement du navigateur ou l’aperçu de Google Tag Manager suffisent.

Je relève le taux d’acceptation. Sur les deux comptes où je l’ai mesuré fin 2024, il allait d’environ 70 % à 79 %. Ça donne un ordre de grandeur, sans valeur de norme, et le chiffre change avec chaque nouveau bandeau. L’article sur le bandeau cookies indique où le trouver.

Je note la date de chaque changement. Une ligne dans un document partagé suffit. C’est elle qui permet, trois mois plus tard, de relier une chute à sa cause. Ce contrôle fait partie des points à passer avant de lancer une campagne, et je le refais après chaque intervention sur le site.

Ce que ça change pour le pilotage

Tant que le consentement n’est pas vérifié, je ne touche ni aux enchères ni à la structure. Une stratégie automatique qui voit moins de conversions qu’il n’y en a tend à baisser ses enchères et à perdre du volume. Résultat : le mois suivant, elle risque de confirmer sa propre erreur.

C’est pour ça que ce contrôle ouvre l’audit d’un compte Google Ads, et qu’aucune campagne ne bouge tant qu’il n’est pas passé.

Melanie Vögtli

Consultante Google Ads indépendante, installée dans le Sundgau, entre Mulhouse, Bâle et la Forêt-Noire. Comptes surveillés tous les jours, tenus plusieurs fois par semaine. Voir la prestation correspondante.

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