Aller au contenu
Melanie Vögtli Prendre rendez-vous

Tracking UTM et Google Ads : ce qui casse le suivi

Journal · Tracking et mesure

Sur Google Ads, les UTM sont facultatifs : le marquage automatique ajoute à chaque clic un identifiant, le gclid, que GA4 fait passer avant vos UTM selon l'aide Google au 26 octobre 2026. Le suivi casse quand une redirection perd ce paramètre, quand le flux produit porte ses UTM ou quand un modèle de suivi est faux.

Publié le · Melanie Vögtli

Un paramètre UTM est une étiquette ajoutée à l’adresse d’un lien, par exemple ?utm_source=google&utm_medium=cpc, qui dit à l’outil d’analyse d’où vient la visite : la source, le support, la campagne. Sur Google Ads, Google pose déjà sa propre étiquette sur chaque clic, et GA4 la lit en priorité. Ce qui fausse la mesure d’un compte tient donc rarement au choix des UTM, et bien plus souvent à une redirection, à un flux produit ou à un modèle de suivi.

Les pages d’aide de Google citées ici sont reprises telles qu’elles se lisaient le 26 octobre 2026, et sauf mention contraire, aucune n’affiche de date de mise à jour. L’ordre dans lequel je vérifie la mesure d’un compte est sur ma page sur le suivi des conversions.

Ce que Google ajoute au clic, et ce que GA4 en retient

Le marquage automatique, que l’interface appelle « taggage automatique », ajoute à l’adresse de la page un identifiant propre à chaque clic, le gclid. L’aide de Google Ads le présente comme une fonctionnalité obligatoire, y compris pour importer des conversions hors connexion depuis un CRM.

Le gclid n’arrive pas seul. D’après l’aide de GA4 sur les identifiants agrégés, « toute URL provenant d’une annonce Google contient désormais &gad_source », et gad_campaignid y désigne la campagne qui a amené le clic. Sur certains clics faits sous iOS, gbraid ou wbraid prennent le relais du gclid, selon la page de Google Ads sur la mesure des campagnes iOS, mise à jour le 29 mars 2023. Je retrouve gad_source et gad_campaignid sur la plupart des adresses d’arrivée de septembre 2026 relevées dans mes comptes, et gbraid sur une partie d’entre elles, sans qu’aucun réglage ne les ait demandés.

Quand le gclid et les UTM se croisent

Une même visite peut porter un gclid et des UTM, et GA4 tranche alors. Son aide sur le marquage automatique l’écrit : « Si vous utilisez à la fois les taggages manuel et automatique, les dimensions source, support et d’autres types de classification du trafic utilisent alors les valeurs du taggage automatique. » Les valeurs manuelles d’utm_content et d’utm_term, elles, restent visibles, dans les dimensions « Contenu d’annonce manuel » et « Terme manuel ». L’aide Google Ads, en français comme en anglais, précise qu’aucune option ne permet de remplacer cette priorité.

Le marquage automatique est actif sur les comptes que je tiens. Quand je règle la mesure, je relie aussi la propriété GA4 au compte Google Ads, comme je l’explique sur ma page consacrée à GA4 et à Tag Manager.

Du coup, un UTM mal écrit sur une annonce Google ne fausse pas les rapports de GA4, tant que le gclid arrive jusqu’à la page. Il fausse par contre les outils qui lisent les UTM sans connaître le gclid : le back-office d’une boutique, un outil d’attribution, un CRM qui range les demandes par origine. C’est pour eux, et pour les régies sans marquage automatique comme les annonces de ChatGPT, que des UTM servent encore. Pour relier une demande à son annonce, le gclid reste la pièce maîtresse : c’est lui que le suivi des leads conserve jusqu’au CRM, avec l’accord du visiteur.

Où poser des UTM quand ils servent

Le bon endroit est le suffixe de l’URL finale, un champ qui ajoute des paramètres à la fin de l’adresse de la page. Il se règle du compte au mot-clé, et d’après l’aide Google Ads, un changement fait sur le compte, sur une campagne ou sur un groupe d’annonces ne renvoie pas les annonces en examen.

Un suffixe au niveau du compte suffit, s’il utilise les paramètres dynamiques de Google, appelés ValueTrack : utm_source=google&utm_medium=cpc&utm_campaign={campaignid}. L’aide ValueTrack présente justement {campaignid} pour savoir quelle campagne a diffusé l’annonce quand le suivi se règle au niveau du compte.

Un nom de campagne écrit en toutes lettres, lui, ne suit pas les changements. Prenons une campagne dont le suffixe porte son nom écrit en dur : le jour où elle est renommée ou dupliquée, l’ancien nom continue de circuler, alors que {campaignid} aurait suivi la campagne. Ajouter {keyword} au suffixe d’une campagne Performance Max n’apporte rien non plus, puisque l’aide ValueTrack dit ce paramètre vide quand la diffusion ne vient pas d’un mot-clé.

La casse compte aussi, comme le montre l’aide de GA4 : utm_source=Google n’est pas la même chose que utm_source=google. Pour ranger une visite balisée à la main dans la « Recherche sponsorisée », GA4 demande une source tirée de sa liste de moteurs et un support conforme à l’expression ^(.*cp.*|ppc|retargeting|paid.*)$, d’après son aide sur les groupes de canaux : « cpc » y entre, « sea » non. Une campagne de marque qui mènerait à une adresse balisée avec le support « sea » serait bien classée par GA4 grâce au gclid, mais un outil qui lit ces seuls UTM la rangerait ailleurs.

La redirection qui perd le gclid

L’aide Google Ads le demande sans détour : si votre site utilise des redirections, le gclid doit être transmis jusqu’à la page de destination finale pour suivre les conversions. Une redirection qui le perd prive Google Ads de ce qui rattache la conversion au clic, et la stratégie d’enchères apprend sans elle. Les moments à risque sont la refonte, le changement d’adresse des pages et la redirection vers une langue ou un pays. Une refonte de site peut casser la conversion principale sans qu’aucun message d’erreur n’apparaisse dans le compte.

La même aide prévoit le site qui refuse les paramètres d’URL arbitraires et affiche une page d’erreur : elle conseille de couper le marquage automatique, de faire accepter ces paramètres par le développeur du site, puis de le réactiver.

L’aide propose de tester en cliquant sur votre annonce. Ouvrir l’URL finale avec un paramètre gclid factice ajouté à la fin évite de payer ce clic : le paramètre doit encore figurer dans l’adresse de la page affichée. Le test se complète par l’envoi d’un vrai formulaire, comme dans les contrôles à faire avant un lancement.

Le flux produit dont les UTM reçoivent les clics payés

Sur une boutique en ligne, les annonces Shopping et Performance Max envoient leurs clics vers l’adresse de chaque produit, prise dans le flux que reçoit Merchant Center, l’outil de Google qui héberge le catalogue. Quand les adresses du flux portent déjà des UTM, ajoutés par le site ou par l’outil de gestion du flux, les clics payés arrivent avec ces UTM. Le support y vaut par exemple « organic », ou la source porte le nom de l’outil de flux. GA4, qui lit le gclid, range ces clics au bon endroit, alors qu’un back-office ou un outil d’attribution qui ne lit que les UTM les range en trafic naturel ou sous une source inconnue.

Si vous ajoutez des paramètres de suivi à l’attribut lien, l’aide de Merchant Center recommande « d’utiliser des paramètres distincts pour les annonces et les fiches gratuites », et propose pour les annonces l’attribut ads_redirect, associé à un modèle de suivi Google Ads. L’aide de cet attribut demande aussi d’éviter de coder en dur les paramètres de suivi dans les URL finales.

En France, ces fiches gratuites ont d’ailleurs quitté les résultats en septembre 2026, comme partout dans l’Espace économique européen, d’après un article de Search Engine Roundtable appuyé sur une confirmation de Google.

Deux corrections existent : retirer les UTM de l’attribut lien et laisser le marquage automatique et le suffixe du compte décrire les clics payés, ou garder des paramètres propres aux annonces en les faisant passer par ads_redirect. Le flux reste le premier poste d’une boutique en ligne, comme le montre ma page sur les campagnes Google Shopping, et ses liens en font partie.

Le modèle de suivi s’applique au niveau le plus précis

Le modèle de suivi est l’adresse que Google appelle au moment du clic pour transmettre vos paramètres de mesure, ou ceux d’un outil tiers. Avec le suivi en parallèle, obligatoire pour la plupart des campagnes d’après l’aide Google Ads, le visiteur arrive directement sur la page, et l’outil de suivi reçoit le clic en arrière-plan. Un modèle doit contenir {lpurl}, qui insère l’URL finale, faute de quoi « l’URL de votre page de destination ne fonctionnera pas », selon l’aide ValueTrack. Les formes que Google conseille, et le risque d’une page introuvable avec AI Max, sont détaillés dans mon guide sur AI Max et ses réglages d’URL.

Reste la règle des niveaux. Selon la page d’aide de Google Ads qui présente le suivi, quand plusieurs modèles existent, « le modèle le plus spécifique est utilisé » : celui du mot-clé, puis de l’annonce, du groupe d’annonces, de la campagne et enfin du compte. Un modèle posé sur une campagne remplace donc celui du compte pour cette campagne, au lieu de s’y ajouter. Quand un outil tiers, de détection des clics frauduleux par exemple, a son modèle au niveau du compte, une campagne qui reçoit son propre modèle échappe à cet outil sans prévenir.

Supposons une campagne Search dont le modèle de suivi a subi un copier-coller raté : son début se retrouve répété au milieu. L’adresse d’arrivée contient alors deux fois celle de la page, le paramètre de source s’y perd, et le modèle du compte, même correct, ne joue plus pour cette campagne. Comme la page s’affiche et que le marquage automatique fait son travail, ni GA4 ni Google Ads ne signalent rien : seul l’outil qui lit ces paramètres reçoit des clics sans source. Ce défaut se corrige dans les paramètres de la campagne, sans examen des annonces, et le bouton « Tester » du modèle montre l’adresse obtenue avant l’enregistrement.

Le contrôle à refaire après chaque changement

Ces vérifications se font sans outil payant, et se refont après chaque changement du site, du flux ou d’un outil de suivi.

Ce qui se contrôle Où le voir Ce qu’on doit trouver
Le gclid après redirection L’URL finale ouverte avec un gclid factice Le paramètre encore présent sur la page affichée
Le modèle de suivi Le bouton « Tester », au compte et sur chaque campagne qui a le sien L’URL finale, puis vos paramètres une seule fois
Les adresses servies Le rapport des pages de destination de Google Ads Une seule série de paramètres, sans nom de campagne figé
Le flux produit L’attribut lien des produits dans Merchant Center Aucun UTM, ou des paramètres d’annonce passés par ads_redirect
Le classement dans GA4 Le rapport d’acquisition du trafic Les clics d’annonces en « google / cpc »

Sur les comptes que je pilote, je reteste les balises après chaque modification du site qu’on m’annonce, et je contrôle le modèle de suivi avant tout test d’AI Max. Pour regarder ensemble les adresses d’arrivée de votre compte, je propose un premier échange gratuit : un appel, une lecture du compte grâce à un accès qui ne permet aucune modification, puis trois points au maximum, envoyés par écrit.

Melanie Vögtli

Consultante Google Ads indépendante, installée dans le Sundgau, entre Mulhouse, Bâle et la Forêt-Noire. Comptes surveillés tous les jours, tenus plusieurs fois par semaine. Voir la prestation correspondante.

À lire ensuite