Commerce en ligne
CSS Shopping : ce que vous gagnez vraiment
Un CSS place vos annonces Shopping sans la marge que Google Shopping retient sur vos enchères. Ce que Google écrit, d'où viennent les 20 %, et Performance Max.
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Selon Search Engine Roundtable, qui cite Google, les fiches produits gratuites ont quitté les résultats dans l'Espace économique européen, dont la France, à la mi-septembre 2026. Les annonces payantes restent. D'octobre 2025 à mai 2026, ces fiches pesaient moins de 1 % des visites des boutiques que je suis, en médiane.
Depuis l’automne 2020, une boutique en ligne qui envoyait son catalogue à Merchant Center pouvait voir ses produits sortir dans les résultats de Google sans payer le clic. En France, ces fiches gratuites ont disparu en septembre 2026, en même temps que dans le reste de l’Espace économique européen (EEE). Je reprends ici ce qui a changé, ce qu’elles rapportaient vraiment dans les boutiques que je suis, et ce qui reste pour être vu sur un produit.
Les pages de Google, de la Commission européenne, de l’Insee et de la presse spécialisée citées dans cet article ont toutes été lues le 26 octobre 2026. Les autres façons d’apparaître sur Google, gratuites ou payantes, sont rangées sur ma page consacrée au sujet.
Google les a annoncées le 21 avril 2020, dans un billet signé par Bill Ready, alors président de son activité commerce : les résultats de l’onglet Shopping seraient désormais faits principalement de fiches gratuites, aux États-Unis avant la fin du mois, puis dans le reste du monde d’ici la fin de 2020. Le Blog du Modérateur annonçait leur arrivée en France le 30 septembre 2020. Pour les annonceurs, Google les présentait comme un complément des campagnes payantes.
Elles reposaient sur le même flux que les annonces. Le catalogue envoyé à Merchant Center, avec ses titres, ses prix et ses codes GTIN, servait aux deux, et l’aide Merchant Center indique que les fiches gratuites sont activées par défaut dans la plupart des cas. Aucune enchère n’entrait en jeu : un produit accepté pouvait sortir dans l’onglet Shopping, dans les résultats de recherche, dans Google Images ou dans Lens, sans garantie d’affichage. Du coup, le travail sur le flux, que je décris sur la page des campagnes Shopping, servait à la fois les annonces et cette visibilité offerte.
Le 23 juillet 2026, la Commission européenne a adopté une décision qui demande à Google de traiter les services des autres acteurs de façon équitable et non discriminatoire dans ses résultats de recherche, pour le shopping comme pour les hôtels, les transports ou les résultats sportifs. Son communiqué laissait soixante jours à Google pour se mettre en conformité avec le règlement sur les marchés numériques, souvent désigné par son sigle anglais, DMA.
Les fiches gratuites sont parties dans la foulée. Selon Search Engine Roundtable, dans un article du 18 septembre 2026 qui fait état d’une confirmation de Google, elles ont été retirées des résultats dans l’EEE, avec leurs carrousels.
La veille, Productrise, un outil qui suit les pages de résultats, avait mesuré une chute de l’ordre de 90 à 100 % des carrousels « produits populaires » en quelques jours, en Allemagne, en France, en Belgique, en Suède et aux Pays-Bas. Avant le changement, environ 85 % des recherches commerciales que l’outil suit en affichaient au moins un, et son relevé ne voit aucun changement au Royaume-Uni, aux États-Unis ni en Australie. Shopappy, qui situe le retrait entre le 15 et le 18 septembre, ajoute que l’onglet Shopping a quitté la barre de navigation.
La page de Search Central consacrée aux écarts d’une région à l’autre dans la recherche, « Regional differences in Search experience », a été mise à jour le 18 septembre 2026. Pour l’EEE, sur les recherches de produits comme sur celles d’hôtels ou de vols, elle décrit un bloc pour les agrégateurs, comparateurs de prix compris, et un bloc pour les fournisseurs directs. Cette page ne nomme pas les fiches gratuites, et l’aide Merchant Center qui leur est consacrée ne fait pas de distinction pour l’Europe : au 26 octobre 2026, le retrait lui-même n’est décrit que par la presse spécialisée.
GA4 sait reconnaître les visites venues des fiches gratuites. D’après l’aide Merchant Center sur le suivi des performances, elles arrivent avec la source « google », le support des résultats naturels et la plate-forme source « Fiches gratuites Shopping ». Il faut pour cela que le taggage automatique de Merchant Center ajoute à l’adresse le paramètre srsltid, ce qui est le réglage par défaut des nouveaux comptes. Une visite arrivée sans ce paramètre se range avec la recherche naturelle, si bien que les parts qui suivent sont des minimums.
Dans les boutiques que je suis, j’ai relevé en lecture seule les propriétés GA4 où ces visites apparaissent. La période va d’octobre 2025 à mai 2026, avant le retrait, parce qu’à partir de juin 2026, GA4 n’y attribue presque plus cette plate-forme source et range ces visites en « Unlabeled ». Pour chaque boutique, j’ai calculé la part des visites et des commandes venues des fiches gratuites, puis la médiane entre les boutiques.
| Ce que pesaient les fiches gratuites, d’octobre 2025 à mai 2026 | Médiane | Étendue |
|---|---|---|
| Part des visites de la boutique | 0,77 % | de 0,01 % à 5,06 % |
| Part des commandes de la boutique | 1,18 % | de 0 % à 7,83 % |
| Visites des fiches gratuites pour 100 visites venues de Google Ads | 2,14 | de 0,35 à 36,70 |
Dans une boutique type, les fiches gratuites apportaient moins d’une visite sur cent et un peu plus d’une commande sur cent, soit environ deux visites pour cent visites venues des annonces. Dans la plupart de ces boutiques, leur part des commandes dépassait leur part des visites, ce qui se comprend : la personne qui arrivait par une fiche produit cherchait déjà ce produit. L’écart entre boutiques reste large, et celles qui en tiraient plusieurs pour cent de leurs ventes sentent le retrait davantage que les autres.
| Emplacement | En France, après le retrait | Source |
|---|---|---|
| Fiches gratuites et carrousels « produits populaires » | Retirés | Productrise le 17/09/2026, Search Engine Roundtable le 18/09/2026 |
| Annonces produit payantes, en Shopping et en Performance Max | Toujours diffusées | Relevant Audience le 19/09/2026, Shopappy le 20/09/2026, et mes comptes |
| Bloc des agrégateurs | Rempli par les comparateurs agréés | Google Search Central, page « Aggregator unit », mise à jour le 19/10/2026 |
| Bloc des fournisseurs directs | Affiché seulement avec le bloc des agrégateurs | Google Search Central, page « Supplier unit », mise à jour le 18/09/2026 |
Les annonces payantes n’ont pas bougé. Relevant Audience écrit, le 19 septembre 2026, que le changement retire le bloc gratuit qui s’affichait à côté des annonces Shopping, sans retirer celles-ci, et Shopappy précise que les comptes Merchant Center continuent de recevoir les flux qui les alimentent.
Je constate la même chose dans les boutiques que je pilote : les annonces produit vendues en France, qu’elles viennent d’une campagne Shopping ou de Performance Max, ont continué d’être affichées et cliquées dans les semaines qui ont suivi le 18 septembre 2026. Elles reposent sur le même flux qu’avant, envoyé au même compte Merchant Center.
Le bloc des agrégateurs, d’après la page que Google lui consacre, est réservé aux services de recherche spécialisés agréés, dont les comparateurs de prix du programme CSS (Comparison Shopping Service), qui le remplissent avec leurs propres données. Une boutique n’y entre donc pas en son nom : elle y figure à travers les comparateurs qui reprennent ses produits.
Le bloc des fournisseurs directs, lui, vise les entreprises qui vendent elles-mêmes, et sa page cite les recherches de produits. Il ne s’affiche qu’avec le bloc des agrégateurs, et Google n’y demande aucune donnée au-delà de ce qu’il explore sur le site, ce qui le range du côté du référencement naturel et des pages produits.
La Suisse ne fait pas partie de l’EEE : l’Insee rappelle qu’elle a signé l’accord sans le ratifier. Les deux blocs décrits par Google ne concernent que l’EEE, mais aucune des sources que j’ai lues ne mesure ce qui s’affiche en Suisse depuis septembre.
Le plus sûr est de regarder, dans GA4, les visites des fiches gratuites filtrées sur la Suisse avant de compter dessus. Le flux réglé pour ce marché sert de toute façon aux annonces, avec les frais de livraison que l’aide Merchant Center demande de renseigner pour la Suisse. La campagne, elle, se sépare du marché français, comme je l’explique pour les campagnes vers l’Allemagne et la Suisse.
Pour chiffrer le retrait chez vous, comparez dans GA4 les semaines qui précèdent le 14 septembre 2026 et celles qui le suivent, sur le canal « Shopping (recherche naturelle) » filtré sur la source google. Mettez la recherche naturelle à côté, sur les mêmes semaines : si elle baisse aussi, une partie de l’écart vient de la saison.
Le filtre sur la source compte, parce que l’aide GA4 range aussi dans ce canal les visites venues d’une liste de sites marchands ou d’une campagne dont le nom contient « shop ». Après le retrait, plusieurs boutiques que je suis reçoivent d’ailleurs encore un filet de visites dans ce canal, sans que GA4 dise de quelle surface de Google elles viennent. Les rapports de performances de Merchant Center donnent aussi les clics des fiches gratuites, avant et après le retrait, sans dépendre du paramètre srsltid ni du classement de GA4.
La page de destination de ces visites dit quels produits se vendaient par les fiches gratuites. Ce sont eux que je regarderais en premier dans les annonces Shopping, avec deux questions. Le titre porte-t-il le mot que les acheteurs tapent ? Sinon, il faut réécrire les titres envoyés à Merchant Center. Le prix tient-il face aux autres marchands ? C’est ce que mesure la compétitivité tarifaire de vos produits. Pour une boutique en ligne, ces deux réponses comptent davantage dans les annonces qu’une visite gratuite sur cent, et un flux repris avant de toucher aux enchères montre ce qu’elles changent.
Je recommande de chiffrer cette perte avant de toucher au budget Shopping, parce qu’une visite gratuite disparue ne se remplace pas forcément par un clic payé : la décision se prend sur ce que les annonces rapportent, produit par produit. Pour un second regard sur votre boutique, notre premier échange est offert. Il commence par un appel, se poursuit quand vous m’ouvrez vos comptes en simple lecture, et s’achève sur trois points écrits au plus.
Melanie Vögtli
Consultante Google Ads indépendante, installée dans le Sundgau, entre Mulhouse, Bâle et la Forêt-Noire. Comptes surveillés tous les jours, tenus plusieurs fois par semaine. Voir la prestation correspondante.
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