Trafic de marque déguisé : ce que l'exclusion de marque rate
Études de cas Loisirs, réservation en ligne et sur place 24 septembre 2026
Sur un compte Google Ads de loisirs, j'ai exclu le trafic de marque déguisé : les recherches activité et ville, qui valaient une recherche de marque. Les conversions ont baissé, comme prévu. Hors recherches coupées, la dépense a baissé et la valeur des conversions a augmenté, sans que je l'attribue à la coupe seule.
Le point de départ. Un compte Google Ads de loisirs affichait beaucoup de conversions à un coût très bas. Une bonne part venait de recherches associant l'activité au nom de la ville du lieu, qui valaient une recherche de marque : ces gens connaissaient déjà l'enseigne et l'auraient sans doute trouvée sans publicité.
Le client n'est pas nommé et aucun chiffre de son compte n'est publié : l'accord de publication n'a pas été demandé pour ce cas. Ce qui est raconté ici est la mécanique, et elle se vérifie sur n'importe quel compte.
Ce qui a été fait
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Isoler les recherches qui contiennent le lieu
Dans le rapport sur les termes de recherche, j'ai regroupé toutes les recherches qui associaient une activité au nom de la ville : l'activité suivie de la ville, la ville suivie de l'activité, et leurs variantes de prix ou de réservation. Le mois précédant la coupe, elles pesaient bien plus lourd dans les conversions que dans la dépense.
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Se demander ce que ces clics achètent
Quelqu'un qui tape l'activité suivie du nom d'une petite ville cherche en général un lieu précis, qu'il connaît déjà. L'annonce s'affiche au-dessus du site et de la fiche d'établissement Google, qui sont faits pour l'amener au même endroit. Ces conversions bon marché faisaient baisser le coût moyen de tout le compte, et le rendaient trompeur.
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Couper, et expliquer la baisse en premier
J'ai exclu ces recherches fin juin. Le rapport du mois suivant s'ouvrait sur l'explication de la baisse, chiffrée, avant tout le reste. Un client qui découvre seul un compteur en forte baisse conclut que la publicité ne marche plus, et il a de bonnes raisons de le penser.
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Comparer hors recherches coupées
J'ai retiré ces recherches du mois de référence avant toute comparaison. Hors recherches coupées, le compte faisait moins de conversions qu'avant, pour plus de valeur et moins de dépense. Le panier moyen par réservation montait aussi, porté par des réservations de groupe.
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Orienter le compte vers les recherches de découverte
À la mi-septembre, j'ai créé des groupes d'annonces pour les villes voisines et pour une clientèle venue de plus loin, qui ne connaît pas encore le lieu. Il est trop tôt pour en lire l'effet.
Ce qui n'a pas marché
La coupe n'est pas arrivée isolée. Dans les mêmes semaines, une campagne saisonnière s'est arrêtée à sa date de fin, j'ai réécrit les annonces, relevé deux budgets à la mi-juillet, et des exclusions ont continué de tomber chaque nuit. Je ne peux donc pas attribuer le gain à la coupe seule. Les appels depuis les annonces ont aussi chuté en juillet, en partie pour une autre raison : l'extension d'appel, définie au niveau du compte seulement, s'affichait beaucoup moins souvent, et je ne l'ai associée aux campagnes qu'en septembre. Le montant réellement encaissé, la vraie preuve, je ne l'ai pas encore. Et les visites en magasin estimées par Google, restées en conversion principale, ont gonflé le compteur d'août pour des raisons sans lien avec la coupe.
Sur un compte Google Ads de loisirs, le coût par conversion était tombé très bas avant l’été. C’est le genre de chiffre qu’on a envie de mettre en avant dans un rapport. C’est aussi celui qui m’a fait rouvrir le rapport sur les termes de recherche avant de m’en réjouir.
Le trafic de marque déguisé, que l’exclusion de marque ne voit pas
Le trafic de marque, c’est quelqu’un qui tape le nom de l’enseigne, clique sur l’annonce et réserve. Beaucoup de comptes le pilotent dans une campagne à part, ou l’excluent des campagnes génériques avec les exclusions de marques de Google Ads.
Le trafic de marque déguisé, ce sont les recherches qui ne contiennent pas le nom de l’enseigne mais la désignent quand même, typiquement l’activité suivie du nom d’une petite ville où un lieu est identifié à cette activité. Pour qui connaît déjà le lieu, taper l’activité et la ville revient à taper le nom de l’enseigne. La recherche ne contient pas la marque, donc aucune exclusion de marque ne l’attrape. Elle passe dans les campagnes Search génériques et convertit très bien, pour très peu cher. Sauf qu’elle fait paraître le compte bien meilleur qu’il n’est.
Couper ces recherches plutôt qu’enchérir dessus
L’argument pour garder est connu : ces clics coûtent peu, et autant être là si un concurrent vise ces recherches. Garder se défend dans ce cas, et c’est la première chose à vérifier avant de couper. Quand la recherche désigne un lieu que tout le monde associe à l’activité, le site et la fiche d’établissement Google sont faits pour y répondre, et l’annonce ne fait que s’intercaler devant eux. En gros, ces conversions sont en grande partie non incrémentales : elles auraient sans doute eu lieu sans l’annonce.
L’autre raison se voit moins et coûte plus cher. Tant que ces conversions restent dans le compte, elles faussent les décisions, un peu comme une conversion comptée deux fois : le compteur monte sans qu’aucun client nouveau n’arrive. La stratégie d’enchères apprend que les campagnes marchent, et les recherches qui amènent vraiment de nouveaux clients restent noyées dans une moyenne flatteuse. Résultat : on croit piloter des campagnes qui trouvent des clients, alors qu’on mesure surtout la notoriété du lieu.
Lire le compte après la coupe
Le mois suivant, le compteur a baissé, comme prévu, et le rapport commençait par là. Sans comparaison hors recherches coupées, chaque rapport paraît plus mauvais que le précédent, et on finit par remettre en place ce qu’on venait de couper.
Est-ce que la coupe a rapporté ? Je n’en ai pas la preuve, j’y reviens plus bas. Par contre, le budget ne paie plus ces clics de gens qui connaissaient déjà le lieu. Il peut aller vers ceux qui ne le connaissent pas, et c’est la vraie raison de faire de la publicité pour une enseigne déjà connue localement.
Ce que je referais autrement
Je referais la coupe, mais pas dans ce calendrier. Plusieurs modifications sont tombées dans les mêmes semaines, et aucune analyse honnête ne peut dire aujourd’hui laquelle a fait quoi. Si c’était à refaire, je couperais ces recherches un mois où rien d’autre ne bouge.
Avant la coupe, je vérifierais aussi que le site et la fiche d’établissement sortent bien en tête sur ces recherches, et que le numéro de téléphone s’affiche dans les annonces de chaque campagne. C’est typiquement ce qu’un audit de compte passe en revue, et ce qui échappe facilement quand toute l’attention va à un autre chantier. Je sortirais enfin des conversions principales tout ce que Google estime, comme les visites en magasin, pour que le compteur ne bouge que sur des actions réelles.
Reste le chiffre d’affaires réellement encaissé, celui qu’on peut faire remonter dans le compte. Lui seul dirait si la coupe a rapporté, et je ne l’ai pas encore. En attendant, je la tiens pour une décision raisonnée, prise sur les mêmes critères que pour décider de couper une campagne entière.
Trois points à retenir
- Quand le coût par conversion est très bas, regardez quelles recherches le portent. Votre nom se pilote à part, et le nom de votre ville accolé à votre métier en est parfois une variante déguisée : le compte paie alors pour des clients qu'il avait déjà.
- Les recherches activité et ville peuvent valoir une recherche de marque. Les couper fait baisser le compteur, c'est mécanique. Expliquez la baisse en tête du rapport, puis comparez hors recherches coupées.
- Avant de couper, vérifiez qu'aucun concurrent ne vise ces recherches et que votre site et votre fiche d'établissement Google y sortent en tête. Changez ensuite une seule chose ce mois-là, sinon personne ne saura dire ce que la coupe a produit.
Les autres cas
- Ce qui a changé le taux de clic n'était pas l'annonce Horlogerie, boutiques et vente en ligne
- Le clic a coûté plus cher, et le compte a gagné E-commerce, marques haut de gamme